Un appareil tout-en-un au poignet ?

Système de paiement, GPS, stockage de titres de transport, moniteur cardiaque… les smartwatches, ces montres connectées dotées de multiples capteurs, deviennent des appareils tout-en-un. Un extrait de Sciences et Avenir 860.

Si la révolution annoncée dans le secteur des montres connectées n'a pas atteint les proportions de celle provoquée par les smartphones, les produits ne cessent de s'améliorer et le marché de progresser. 43 millions de smartwatches (montres " intelligentes ") devraient trouver preneur en 2018 dans le monde, soit 10 millions de plus qu'en 2017, selon le cabinet d'analyse IDC. Plus de la moitié d'entre elles sont produites par Apple. La firme à la pomme s'est lancée sur ce marché en 2015, bien après le japonais Sony, créateur, en 2012, du premier modèle. À l'époque, la montre connectée constituait avant tout un prolongement du smartphone. Les premiers modèles indiquaient ainsi à leur porteur l'arrivée d'un message ou d'un appel, ce qui évitait d'avoir à sortir le téléphone de sa poche.

Puis les montres " intelligentes " ont englobé la technologie d'un autre type d'objet électronique qui avait soudain le vent en poupe : les moniteurs d'activités. Ces petits bracelets permettaient de compter le nombre de pas parcourus chaque jour grâce à un podomètre ou de mesurer les variations de sa fréquence cardiaque.

Aujourd'hui, les modèles les plus perfectionnés embarquent - outre les microprocesseur, batterie, mémoire et autres dispositifs de transmission (Wi-Fi, Bluetooth, NFC) - des capteurs en tous genres. Parmi eux, l'accéléromètre six axes (horizontal, vertical, latéral, roulis, tangage, lacet) qui permet aussi bien d'enregistrer les activités sportives que la simple rotation du poignet pour allumer automatiquement l'écran quand l'utilisateur veut lire l'heure. L'altimètre enregistre les dénivelés pour calculer les calories consommées lors d'un footing. Et un dispositif au contact de la peau mesure le pouls à tout instant.

Les équipements étant peu ou prou les mêmes selon les marques, les fabricants rivalisent sur les fonctions annexes. D'abord l'analyse de l'effort en fonction de l'activité pratiquée (marche, course, natation, cyclisme, etc.) afin de proposer des conseils pour des séances d'entraînement. Ensuite l'accompagnement de cet entraînement au rythme de la musique stockée directement dans la mémoire de la montre et diffusée sur des écouteurs Bluetooth. Sans compter le paiement sans contact, le stockage de billets de transport ou l'accès à des services géolocalisés (météo, réservation de taxi, etc.). Reste à choisir le bon modèle en fonction de ses propres besoins.

Les montres connectées aspirent à s'affranchir du téléphone mobile dont elles dépendaient jusque-là. Pour cela, elles doivent embarquer leur propre carte SIM afin de pouvoir communiquer avec les réseaux de téléphonie mobile. C'est le cas de l'Apple Watch qui, dans ses versions les plus récentes, contient une carte SIM " virtuelle ", intégrée dans l'électronique et configurable pour différents opérateurs. La smartwatch est sans doute appelée à devenir aussi une compagne de suivi médical, notamment avec l'intégration de capteurs de glycémie ou de saturation en oxygène du sang. De coach sportif, la montre se muera alors en dispositif de télésurveillance pour les personnes souffrant de maladies chroniques telles que le diabète ou l'asthme.

Un appareil tout-en-un au poignet qui permet de se passer du téléphone portable? Pas vraiment. La taille faible de l’écran, la nécessité de recharger souvent, et les limitations en ergonomie font qu’un appareil tout-en-un au poignet est, aujourd’hui encore, un gadget prototype et non pas un véritable outil de travail. L’avenir dira à quel point un appareil tout-en-un au poignet pourra remplacer d’autres outils encore indispensables aujourd’hui.

Posséder une montre connectée, à ce jour, signifie donc tout d’abord devoir brancher un objet de plus chaque soir. Cela signifie également s’habituer à  aux fonctionnalités, ce qui entraine facilement une dépendance mentale de cet objet connecté et oblige presque à acheter, chaque année, le dernier modèle. Ce qui signifie une montre connectée à recycler chaque année. Pourrait-on considérer cela com gaspillage de ressources pour un gadget tout-en-un au poignet ?

Source : Sciences et avenir, SSC

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